17 Mar 2017
ibeacons

BEACONS : POURQUOI LA RÉVOLUTION ANNONCÉE N’A PAS « ENCORE » EU LIEU?

« L’ibeacon, la révolution de l’expérience client », 13 nov. 2014… Il suffit de chercher le mot iBeacon ou Bluetooth Beacon dans n’importe quel moteur de recherche pour se rendre compte de l’écart entre l’engouement suscité par cette nouvelle technologie à sa sortie il y a un peu plus de deux ans et son taux d’utilisation aujourd’hui. Même en regardant chez nos voisins du Sud, plus enclin à sauter pieds joints dans chaque nouvelle opportunité technologique ayant un hypothétique ROI, le bilan n’est pas encore à la hauteur du potentiel et on attend encore un premier success story.Alors que s’est-il passé en deux ans? : les détaillants Québécois ont pris connaissance de cette nouvelle technologie; on sait désormais qu’un Beacon, c’est une petite balise Bluetooth qu’on place dans un magasin afin de pouvoir ouvrir un nouveau canal de communication avec le consommateur. Aussi, il est désormais facile de trouver des centaines de cas un peu partout dans le monde d’implantation de Beacons dans des magasins, des stades, des aéroports et des centres commerciaux.Enfin, les principaux fournisseurs de Beacons ont compris le marché et certains sont désormais  aptes à aider les détaillants à franchir les 3 caps pour s’approprier ce puissant outil de marketing numérique.  
LE CAP TECHNIQUE :
  • Encore une nouvelle technologie, qui s’ajoute à une nouvelle technologie, qui s’ajoute à… Voilà la première barrière à l’entrée. Alors que la plupart des détaillants n’ont pas encore terminé leur transition numérique, les Beacons viennent ajouter une dimension supplémentaire à leur stratégie omnicanale.
  • Depuis un an, sous l’impulsion de Cisco, les détaillants investissent à tour de bras afin de rendre le WiFi disponible à tous en pensant parfois que le WiFi peut faire la même chose qu’un Beacon. Ce n’est vrai qu’en partie. En fait, en dépit des différences entre les deux technologies, elles fonctionnent mieux lorsqu’elles sont utilisées en synergie. Le WiFi pour les analyses de traffic et les Beacons pour l’engagement de proximité.
  • Comme les Beacons communiquent avec les mobiles des consommateurs, cela soulève certaines craintes chez certains détaillants. À tort, car là où le WiFi ne demande pas explicitement l’autorisation des utilisateurs, les Beacons nécessitent que ces derniers allument leur Bluetooth, acceptent la localisation par l’application mobile et opt-in pour recevoir des notifications. Une première barrière donc de compréhension de cette technologie.
LE CAP ÉCONOMIQUE:
  • Entre 25$ et 100$ l’unité. Pas cher!… pour le Beacon lui-même, oui. Toutefois lorsque l’on regarde un projet d’implantation dans son ensemble, il faut ajouter les coûts d’installation, de gestion des données, de contenus à produire, de merchandising en magasin… à multiplier par le nombre de magasins lorsque l’on parle d’une chaîne ! À cela s’ajoute les coûts de marketing interne et d’une application mobile. Voilà la deuxième barrière à l’entrée.
  • Il faut donc prévoir en amont de monétiser le projet. Pensez-y, quel fournisseur ne serait pas prêt à payer pour envoyer sa promotion directement sur le téléphone d’un consommateur en magasin qui aura été préalablement ciblé. Oui sauf que cela n’est pas forcément simple à mettre en place. L’idéal, est que le détaillant ait une coop pour gérer la vente de ces nouveaux espaces publicitaires.
LE CAP STRUCTUREL :
  • La technologie est prête, les consommateurs aussi… L’êtes-vous? On sait aujourd’hui que les Beacons ne constituent pas un enjeu technologique, mais bien un enjeu marketing. Sauf que derrière le terme « Marketing » il existe une multitude de fonctions et d’expertises. La gestion d’un écosystème de Beacons nécessite à la fois des compétences en marketing numérique, en traitement et analyse des données, et en merchandising. Les équipes en place doievent encore se renforcer. Une dernière barrière à l’entrée.
Bref, pas de panique! En effet, en février 2016, prêt d’un quart des détaillants américains ont déjà implanté des Beacons et quatre détaillants sur 10 ont convenu que cela avait un impact très positif (Source : Retail Systems 2016). Après tout, le Beacon n’est pas une révolution en soi, c’est l’outil numérique qui vient fermer la boucle de l’écosystème de l’offre omnicanale. Inutile d’attendre avant de l’intégrer à votre stratégie numérique.
Parions que 2017 sera l’année qui marquera l’envol des « Beacons payants » tant pour les détaillants que pour le consommateur.
Philippe Marty, Cofondateur et directeur des opérations de Communiglobe, une société montréalaise spécialisée dans l’implantation d’écosystèmes numériques aux points de vente.
14 Mar 2017

BLUETOOTH ALLUMÉ, UN ENJEU… VRAIMENT?

LES DERNIERS CHIFFRES POUR NE PLUS EN PARLER.Régulièrement, pour évaluer la valeur d’un déploiement de beacon dans le commerce de détail, le principal et quasi-unique enjeu soulevé est :
«  Quel pourcentage de mes clients a son bluetooth allumé? »
Cette question, bien que pertinente étant donné qu’il s’agit d’un des facteurs clés de succès dans la diffusion contextuelle de contenus personnalisés au lieu de vente, ne devrait cependant pas être au cœur des préoccupations des départements marketing.En effet, la technologie a beaucoup évolué ces dernières années et peu à peu les barrières tombent : l’utilisation de nos batteries, le nombre d’appareils avec le bluetooth, et enfin (et surtout) le nombre d’utilisateurs qui ont leur Bluetooth allumé.La consommation d’énergie : Depuis l’introduction du Bluetooth Low Energy (BLE 4.0), l’utilisation de la batterie n’est plus un enjeu (même si dans l’inconscient collectif il reste un peu d’éducation à faire). Aujourd’hui nous savons que le BLE allumé n’impacte qu’entre 1 et 2% de la durée de vie de la batterie de nos téléphones.
N’en parlons plus.
Le nombre d’appareils avec Bluetooth : Bien qu’il existe encore certains dispositifs qui utilisent l’ancien protocole Bluetooth, il est prévu que d’ici 2018 plus de 90% des téléphones seront BLE.
N’en parlons plus.
Le nombre d’utilisateur avec le Bluetooth allumé : La réponse à la question varie considérablement selon l’appareil, le profil utilisateur, le pays. Pour ce qui nous concerne, l’Amérique du Nord (États-Unis et Canada) possède le taux d’utilisation de Bluetooth le plus élevé au monde à environ 50%.Quel que soit le niveau actuel, la tendance commune à toutes les régions est que ces chiffres augmentent rapidement.
L’adoption croissante de dispositifs connectés tels que les montres intelligentes, les voitures connectées, les casques audios bluetooth, ont un impact majeur sur ces chiffres.
Sans oublier Apple qui a pris un certain nombre de mesures pour encourager l’utilisation de Bluetooth. Par exemple depuis iOS 7, l’activation du Bluetooth est automatique avec chaque mise à jour du système d’exploitation. À cela s’ajoute le lancement d’une foule de produits qui s’appuient sur Bluetooth (tout le monde a encore en mémoire l’arrivée des AirPods censés faire disparaître les prises jack de nos téléphones).Bref, à mesure que l’IOT et les périphériques connectés gagnent en importance, les téléphones intelligents sont de plus en plus connectés. Tandis que d’autres technologies telles que NFC continuent à jouer un rôle, le Bluetooth a émergé comme la technologie sans fil dominante reliant nos téléphones avec le monde qui nous entoure.
Alors, n’en parlons plus?
Eh bien si, parlons-en! Parlons-en car cela permet régulièrement de rappeler que l’enjeu intrinsèque d’une balise bluetooth n’est pas d’envoyer du contenu à un consommateur mais bien de convaincre qu’un contenu puisse être envoyé à ce consommateur. Ce n’est pas le beacon qui va faire passer le taux d’utilisation du bluetooth de 50 à 60% mais l’utilisation que vous en faites. Cela a beau sembler évident pour tout le monde, la question n’est jamais :
« Comment faire pour augmenter le nombre de clients avec le Bluetooth allumé? ».
Juste “combien”. Et souvent après le combien (50% donc en moyen au Canada), une déception de ne pas pouvoir toucher plus de consommateurs. Pensez-y, c’est un peu comme si aucune marque n’avait souhaité faire de la publicité à la télévision l’époque où il n’y avait pas encore de poste dans chacune de nos maisons…Alors qu’avouons-le, 50% de consommateurs… ciblés au bon endroit… au bon moment… Non? 😉Philippe Marty, Cofondateur et directeur des opérations de Communiglobe, une société montréalaise spécialisée dans l’implantation d’écosystèmes numériques aux points de vente.Source: Rover, The Straight Goods on Bluetooth / Prooxbook, the state of proximity industry